{"id":356,"date":"2010-12-05T09:55:52","date_gmt":"2010-12-05T09:55:52","guid":{"rendered":"http:\/\/sntrvfl.homedns.org\/blogpat\/?p=356"},"modified":"2010-12-05T09:55:52","modified_gmt":"2010-12-05T09:55:52","slug":"basquiat-incontournable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/?p=356","title":{"rendered":"Basquiat : incontournable"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9 avant d\u2019\u00e9crire quelques lignes sur l\u2019exposition Basquiat au mus\u00e9e d\u2019Arts Modernes de la ville. \u00a0Je l\u2019ai vue il y quelques temps d\u00e9j\u00e0 apr\u00e8s avoir fait le d\u00e9placement \u00e0 Bales pour sa version Suisse \u00e0 la fondation Beyeler.<!--more--><\/p>\n<p>Bien que plus riche en \u0153uvres, la version fran\u00e7aise de l\u2019exposition m\u2019a paru plus froide. La fondation Beyeler avait su d\u2019avantage mettre en valeur les pi\u00e8ces, cr\u00e9er des espaces plus intimes autorisant une proximit\u00e9 que l\u2019accrochage parisien ne permet pas. Les espaces du MAM sont froids, gla\u00e7ants, et la signal\u00e9tique est \u2026 que dire\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi ai-je h\u00e9sit\u00e9\u00a0? Tout simplement parce que Basquiat est un artiste hors normes, magnifique, et que cela suffit de le dire. C\u2019est en voyant Monet et en constatant l\u2019ennui que tous ces paysages m\u2019ont finalement procur\u00e9 que me sont revenus l\u2019enthousiasme et l\u2019excitation deux fois provoqu\u00e9s \u00e0 Bales puis \u00e0 Paris devant <em>Pegasus<\/em> (1987) ou <em>Discography One<\/em> (1983) et <em>Discography two<\/em> (1983) ou <em>Tuxedo<\/em> (1982-83) ou encore <em>Boy and Dog in a Johnnypump <\/em>(1982)\u2026 et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p>Que dire de Basquiat si ce n\u2019est que l\u2019on reste fascin\u00e9 par l\u2019\u00e9nergie et la s\u00fbret\u00e9 que d\u00e9gagent son travail. Voil\u00e0 un artiste qui n\u2019a pas eu a chercher un style ou une mani\u00e8re qui n\u2019a pas eu \u00e0 se construire un langage\u00a0: il les a trouv\u00e9s d\u2019embl\u00e9e et sa maitrise est extraordinaire.<\/p>\n<p>Mais cela ne suffit pas. Il les a mis au service de propos, parfois militants \u2013 les \u0153uvres qui \u00e9voquent la cause des noirs \u2013 souvent r\u00e9f\u00e9rentiels \u2013 les textes et les \u0153uvres sur papier \u2013 toujours pour solliciter non seulement le regard mais aussi l\u2019intellect. Basquiat ne cherche pas imm\u00e9diatement \u00e0 s\u00e9duire mais \u00e0 \u00e9veiller la part active du cerveau du spectateur, \u00e0 obtenir de sa part un \u00ab\u00a0mouvement de pens\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00e0 provoquer, sans doute, mais au sens le plus positif et po\u00e9tique.<\/p>\n<p>Personnellement j\u2019avoue avoir un faible pour <em>Untitled (The Daros Suite of Thirty-two Drawings)<\/em> (1982-83) et <em>Pegasus<\/em>. Il s\u2019agit d\u2019oeuvres sur papier, polyptiques pour la premi\u00e8re (34 dessins) et unique pour la seconde, envahie de dessins et de textes pour l\u2019une, purement textuelle pour l\u2019autre. Basquiat cr\u00e9e un univers o\u00f9 les mots et les formes se t\u00e9lescopent, transfigur\u00e9s en mat\u00e9riaux comme d\u2019autres auraient utilis\u00e9 des couleurs, des collages ou des objets. Dans <em>Pegasus<\/em>, la trace noire du coin sup\u00e9rieur droit cr\u00e9e une tension entre le monde riche, savant, m\u00e9taphorique du texte et son effacement potentiel \u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse et que l\u2019\u0153uvre soit la m\u00e9taphore de l\u2019intelligence et du savoir chassant l\u2019obscurantisme et l\u2019ignorance \u2026<\/p>\n<p>Car Basquiat est un artiste savant \u2013 de formes comme de textes &#8211; qui assimile et transforme ses influences \u00a0&#8211; Twombly, Picasso, \u2026 &#8211; comme un autre cr\u00e9ateur immense dont il s\u2019est r\u00e9clam\u00e9\u00a0: Picasso, justement. Il les manipule comme Miles \u2013 autre de ses r\u00e9f\u00e9rences \u2013 manipulait ses notes.<\/p>\n<p>Mais tout cela est banal et rien ne vaut une contemplation silencieuse et personnelle devant ce qui est de mon point de vue, l\u2019un des univers artistiques les plus fascinants de la fin du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>Incontournable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exposition majeure au MAM<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[3,6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=356"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":357,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions\/357"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=356"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=356"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=356"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}