{"id":623,"date":"2012-05-25T17:59:16","date_gmt":"2012-05-25T15:59:16","guid":{"rendered":"http:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/?p=623"},"modified":"2013-01-27T19:39:59","modified_gmt":"2013-01-27T18:39:59","slug":"monumenta-1972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/?p=623","title":{"rendered":"Monumenta 1972"},"content":{"rendered":"<p>Buren investit la nef du grand palais.<\/p>\n<p><!--more-->Support\u00e9s par des poteaux m\u00e9talliques, faces blanches ou noires en \u00e9chos aux rayures, des ronds de couleur bleue, orange, jaune, vert, de diff\u00e9rentes tailles sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 l&rsquo;infini, cr\u00e9ant une sorte de velum \u00e0 trois m\u00e8tres du sol ou, plut\u00f4t, une canop\u00e9e de for\u00eat de plastique et de m\u00e9tal. La lumi\u00e8re joue diff\u00e9remment en fonction de l&rsquo;heure du jour et des conditions atmosph\u00e9riques. Au croisement des deux nefs, le velum dispara\u00eet. Des miroirs ronds au sol refl\u00e8tent la coupole, ray\u00e9e de bleue. Au dessus, un drapeau \u00ab\u00a0sp\u00e9cial\u00a0\u00bb flotte au vent.<\/p>\n<p>Un dispositif sonore (peu audible) r\u00e9p\u00e8te des chiffres. Une librairie int\u00e9gr\u00e9e assure la promotion du label \u00ab\u00a0Buren\u00a0\u00bb. Un site (<a href=\"http:\/\/www.monumenta.com\/fr\">http:\/\/www.monumenta.com\/fr<\/a>) d\u00e9cline toutes les explications et d\u00e9tails n\u00e9cessaires \u00e0 la compr\u00e9hension de l&rsquo;oeuvre dont je\u00a0romps\u00a0ici la description.<\/p>\n<p>De l&rsquo;\u0153uvre ?<\/p>\n<p>Il est des jours o\u00f9 l&rsquo;ahurissement est tout pr\u00eat de le c\u00e9der \u00e0 la col\u00e8re.<\/p>\n<p>Car il en est des ronds de plastiques de monsieur Buren comme des ronds dans l&rsquo;eau des jeux d&rsquo;enfants, ou, mieux, des ronds de jambe des filles des revues d&rsquo;antan: futiles et insignifiants.<\/p>\n<p>Car il en est du contenu de ces textes au d\u00e9tour desquels ont ne serait pas surpris de lire une citation attribu\u00e9e \u00e0 D\u00e9rida\u00a0 (\u00ab\u00a0il y a des nuages aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb car D\u00e9rida l&rsquo;a assur\u00e9ment dit ou \u00e9crit au moins une fois), comme des babillages des gouters bourgeois, quand, autour d&rsquo;une madeleine tremp\u00e9e dans le Earl-Grey, on convoque le temps jadis, assis contre le gu\u00e9ridon, refaisant le monde \u00e0 ses couleurs, s&rsquo;\u00e9changeant un carr\u00e9 Herm\u00e8s et jaugeant les m\u00e9rites du dernier gloss qui, voyez-vous, ne tache pas \u2013 la blanche porcelaine des tasses fleuries est laiss\u00e9e immacul\u00e9e &#8211; : obsol\u00e8te et anachronique.<\/p>\n<p>Car il en est de cette chose suspendue, comme de la toile brillante d&rsquo;un faux plafond de salon de beaut\u00e9 de pacotille o\u00f9 le reflet des gestes experts cachent mal le ravage du temps sur les visages d\u00e9faits et vuln\u00e9rables\u00a0: path\u00e9tique.<\/p>\n<p>Car Buren est le nouveau Cabanel, coqueluche des \u00e9diles, qui suspend des couleurs de bonbons sur les t\u00eates officielles qu&rsquo;il flatte d\u00e9sormais, Prada ayant remplac\u00e9 Worth. Et Cabanel avait du savoir faire et Buren du savoir vendre.<\/p>\n<p>Il vend du joli \u00e0 rayures boursoufl\u00e9es en cercles de couleur (quelle subversion !), plats comme des chapeaux improbables, oublieux de la troisi\u00e8me dimension au point, vraiment, qu&rsquo;on croit \u00e0 des stands de foire, r\u00e9p\u00e9titifs et format\u00e9s, des stands des seventies o\u00f9 fleurs \u00e9normes, vagues marrons et oranges et pattes-d&rsquo;\u00e9l\u00e9phants auraient leur biotope et o\u00f9 manquent l&rsquo;odeur et les fum\u00e9es d&rsquo;encens \u00e0 d\u00e9faut de substances moins innocentes, transmutant enfin tout ce bazar en\u00a0\u00e9vanescents\u00a0arcs-en-ciel de cristaux.<\/p>\n<p>Revenons vite en 2012, \u00e0 la Triennale ! Et que la nef du grand palais est belle, sous le soleil de mai !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Buren investit la nef du grand palais.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[3,6,9],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/623"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=623"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/623\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":636,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/623\/revisions\/636"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}