{"id":75,"date":"2008-12-18T00:16:19","date_gmt":"2008-12-17T22:16:19","guid":{"rendered":"http:\/\/berdec.dyndns.org\/wordpress\/?p=75"},"modified":"2008-12-18T00:16:19","modified_gmt":"2008-12-17T22:16:19","slug":"hunger-vs-two-lovers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/?p=75","title":{"rendered":"Hunger vs Two Lovers"},"content":{"rendered":"<p>Hunger : la fin de Booby Sands. Un sujet fort, trait\u00e9 par un artiste plus connu dans les galeries que dans les salles.<!--more--><br \/>\nUn film en trois parties de longueurs in\u00e9gales : la gr\u00e8ve de l\u2019hygi\u00e8ne et des couvertures; la rencontre avec un \u00e9v\u00eaque; la gr\u00e8ve de la faim et l\u2019agonie. Trois parties en travelling sur l\u2019individus Sands : prisonnier parmi d\u2019autres d\u2019abord; leader dialoguant r\u00e9demption et salut et homme seul, enfin, \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb d\u2019une \u00e9preuve fatale. Un film christique, de la mont\u00e9e au Calvaire &#8211; la sc\u00e8ne de la bastonnade rappelle la flagellation &#8211;\u00a0 au supplice, non sur une croix, certes, mais aussi atroce dans les ravages du corps et l\u2019agonie.<br \/>\nUn film enfin plastiquement tr\u00e8s travaill\u00e9 et travers\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences picturales ( le corps de Sands \u00e9voque dans la derni\u00e8re partie le corps d\u00e9charn\u00e9 et sanglant du Christ de Gr\u00fcnewald \u00e0 Colmar).<\/p>\n<p>Mac Queen filme cette descente aux enfers comme une vid\u00e9o d\u2019art aux proportions hypertrophi\u00e9es. Le film est construit \u00e0 la fois pour obtenir le maximum d\u2019impact par la provocation visuelle &#8211; excr\u00e9ments, violence, sang, plaies, souffrance, agonie, mort &#8230; &#8211; tout en \u00f4tant une vraie pr\u00e9sence psychologique diff\u00e9renci\u00e9e aux personnages et aux situations transform\u00e9es en ic\u00f4nes, en paradigmes abstraits. Formul\u00e9 autrement, l\u2019esth\u00e9tisme pouss\u00e9, l\u2019ultra-violence, mis en sc\u00e8ne et en images avec une telle ma\u00eetrise, contribuent \u00e0 supprimer l\u2019empathie pour un personnage ou un moment, \u00e0 bloquer l\u2019implication du spectateur \/ voyeur dans le r\u00e9cit. L\u2019\u0153uvre est ainsi soit \u00ab\u00a0insoutenable\u00a0\u00bb &#8211; et nombre de spectateurs quittent la salle avant la fin &#8211; soit \u0153uvre plastique c\u00e9r\u00e9brale, abstraite. Et, le sujet du film &#8211; Sands, la guerre d\u2019Irlande &#8211; n\u2019est plus qu\u2019un pr\u00e9texte aussi peu impliquant pour le spectateur et aussi l\u00e9gendaire que la guerre de Troie.<\/p>\n<p>Le film Two Lovers de James Gray &#8211; dont je parlerai peu pour ne pas l\u2019avoir particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 &#8211; proc\u00e8de \u00e0 l\u2019inverse : les personnages sont psychologiquement lourdement marqu\u00e9s. La mise en sc\u00e8ne assez fluide et pr\u00e9cise reste simple. La photographie ne s&#8217;embarrasse pas d\u2019esth\u00e9tisme travaill\u00e9. Tout est construit &#8211; au millim\u00e8tre &#8211; pour susciter l\u2019empathie du spectateur et l\u2019embarquer dans une histoire.<\/p>\n<p>Les deux visions sont radicalement diff\u00e9rentes et posent la question de la nature de l\u2019\u0153uvre cin\u00e9matographique. Si le cin\u00e9ma n\u2019est qu\u2019une mani\u00e8re d\u2019assembler et construire des images et des sc\u00e8nes pour provoquer une sorte de jouissance c\u00e9r\u00e9brale par la qualit\u00e9 plastique propos\u00e9e, alors Mac Queen est un grand metteur en sc\u00e8ne de cin\u00e9ma et Gray un gentil amuseur. S\u2019il s\u2019agit aussi d\u2019embarquer le spectateur pour faire passer autre chose , disons une \u00e9motion, une adh\u00e9sion ou une col\u00e8re, s\u2019il s\u2019agit de penser &#8211; je veux dire activement, en participant &#8211;\u00a0 et non pas seulement de jouir alors Hunger n\u2019est pas exactement une oeuvre cin\u00e9matographique mais plut\u00f4t une vid\u00e9o g\u00e9ante&#8230;<br \/>\nIn fine, une question : Hunger est-il autre chose qu\u2019un exercice de style &#8211; r\u00e9ussi de mon point de vue -, une manifestation post moderne de l\u2019art pour l\u2019art ? Est-il autre chose qu\u2019une prise en otage du spectateur forcer \u00e0 souffrir ou (et ?) \u00e0 jouir ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pile et face<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[3,4],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/75"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=75"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/75\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=75"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=75"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sntrvfl.org\/blogpat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=75"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}