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Sous les platanes, dans les Landes

Homme en costume, inhabituel en cette saison, en ce lieu, discours de ville :

« Revoir la stratégie de la boite… baisser les salaires à l’embauche … égalité hommes/femmes, quelle merde ! » Bla-bla-bla

Le maillot de bain comme antidote ?

L’océan lui-même fatigué, s’en retire. Sur le sable désert (rhétorique), ni coquillage ni crustacé : à quoi bon ?

Ne plus jamais pouvoir dire : « maman »

Un mot a bifurqué brutalement le 28 septembre et plus jamais ne parlera à celle qui le portait depuis toujours: maman. Une présence, désormais autrement.

L’Adieu

J’ai cueilli un brin de bruyère

L’automne est morte souviens-t’en

Nous ne nous verrons plus sur terre

Odeur du temps brin de bruyère

Et souviens-toi que je t’attends

Guillaume Appolinaire – Alcools

 

Instaaaa

C’est la fille la plus horripilante que je connaisse sur Insta : elle est tout le temps en vacances !

Sur quoi ?

Sur Insta. T’es pas sur Insta ?

Chtchoukine

Chtchoukine chez Vuitton1 : une collection hors norme de l’avant-garde parisienne : Gauguin, Cézanne, Matisse, Picasso… présentée en occident pour la première fois en tant que collection cohérente. Anne Baldassari orchestre une scénographie qui en restitue « l’ambiance », de l’iconostase dédiée à Gauguin, au cabinet plus secret où Chtchoukine avait cherché à contenir la puissance des Picasso. Collection scandaleuse en Russie, à l’époque, collection d’un fou, mais terreau fertile pour les avants-gardes russes (Tatline, Popova, Rodtchenko, Malévitch en tête).

La danse de Matisse, commandée avec la musique pour décorer l’escalier du palais Troubetzkoi, nues scandaleux dans une Russie culturellement très prude, au point de faire hésiter Chtchoukine, avant qu’il ne se résolve à admettre la beauté de l’oeuvre et à l’accrocher comme prévu, repoussant les préjugés et les dénigrements, la danse donc, avec la femme à l’éventail de Picasso, puissance sauvage, suffiraient presque seules à évoquer l’homme et l’oeuvre.

Anne Baldassari, par son accrochage, nous rappelle pourtant que Cézanne constitue peut être le fil rouge de la collection, incarnant magistralement la dette immense que les avants-gardes ont contractée à son égard, résumée en un seul tableau à la fois cubiste et abstrait, Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves 1904-1905, acquis immédiatement après le décès du peintre, son testament pictural et lègue formidable à l’histoire de la peinture.

Chtchoukine a acheté des tableaux à peine sortis de l’atelier, certains même alors que l’artiste y travaillait encore (Derain, Nature morte au panier avec un pain, 1911-1912), conseillé par les grands galeristes et marchands de l’époque, certes, Durand-Ruel, Ambroise Vollard, Bernheim ou Henry-Kahnweiler, mais aussi d’instinct.

L’ensemble est prodigieux, non seulement parce qu’il s’agit d’une suite incroyable de chefs d’oeuvres (qui commencent avec les impressionnistes et notamment la version réduite du Déjeuner sur l’herbe de Monet, excusez du peu !), mais parce que la cohérence et l’audace du propos restent intactes, magistralement restituées par l’accrochage. Cette exposition est une épiphanie qui reste durablement gravée dans la mémoire comme un moment d’apesanteur.

  1. http://www.fondationlouisvuitton.fr/expositions/icones-de-l-art-moderne-la-collection-chtchoukine.html

accrochage des peintures au Louvre

Ecole du Nord, école française, école allemande et un Dürer dans un réduit… Le Louvre est le musée de lui-même, du début du XXe siècle, le temps des nations et de l’apocalypse.

Loth et ses filles – Anonyme actif à Anvers ou Leyde – vers 1520 – Musée du Louvre

 

Drames : silence

Deux mois de silence. Deux mois où le Japon paie le tribut d’une catastrophe naturelle, humaine et technologique sans précédent. Vingt cinq mille morts; un traumatisme mondial; la fin, enore, de l’insouciance.

Silence pour ces hommes et ces femmes, souvent agés, riches d’une des plus belles cultures humaines, emportés. Silence pour ceux qui souffrent encore. Silence pour ceux déjà ignorés, oubliés.

Aucun mot ne saurait exprimer l’effondrement d’un tel drame.

 

La vie doit continuer. Le cours de mes divagations reprend.